Gabriel Attal en mission pour les Européennes? Même pas sûr...

Beaucoup de commentateurs, pour ne pas dire la totalité, voient la nomination de Gabriel Attal comme ayant pour but de diminuer voire renverser le résultat, pour l'instant annoncé par tous les sondages, d'une défaite du camp présidentiel au profit du RN mené par Jordan Bardella.

Cette mission, en phase avec le vocation européenne d'En Marche, est bien sûr une possibilité, mais il est étonnant de voir à quel point une autre hypothèse, certes audacieuse mais pas improbable pour autant, n'est aucunement avancée par aucun de ces commentateurs.

Comme si ils négligeaient, faute de savoir mettre des possibilités derrière un élément fort autant que mystérieux, la promesse d'Emmanuel Macron d'avoir un rendez-vous avec les français en janvier...

Et si, et si...

Et si, comme le réclame à cor et à cri l'ensemble de la France insoumise (enfin, l'ensemble, Mathilde Panot et Manuel Bompard, surtout; s'exprimant vraisemblablement avec l'aval voire l'incitation de Jean-Luc Mélanchon), le tout jeune premier ministre demandait un vote de confiance à l'issue de sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée?

Voila qui mettrait celle-ci dans un embarras certain. 

Deux hypothèses sont en effet possibles.

1) Le vote de confiance se jouant à la majorité relative, quelques abstentions choisies suffirait au gouvernement pour obtenir la confiance (relative, mais confiance tout de même) de l'Assemblée. Soit se garantir assez de crédit politique pour les 6 prochains mois, et en même temps feindre de croire avoir dégagé une majorité, un peu plus que relative cette fois, et se jouer du parlement avec quelques thèmes rassembleurs et ou largement soutenus dans les sondages d'opinion, ce au moins jusqu'aux Européennes de juin.

2) Le vote de confiance perdu, le 1er ministre, comme celà l'y oblige, présente la démission de son gouvernement au président, lequel et immédiatement fait un beau discours à la nation, porte le constat que les blocages atteignent des sommets ne lui permettant plus de mener les politiques pour lesquelles il a été élu, et empêchent le pays d'avancer, et donc... dissous l'Assemblée.

Avec un délai entre dissolution et 1er tour de 21 à 40 jours, pas facile de s'organiser, n'est ce pas?

Ce qui prendrait beaucoup de partis d'opposition au dépourvu, entre une gauche qui n'a pas fini de solder l'épisode Nupes, parasitée qu'elle est par les volontés hégémoniques et phagocytaires de Mélanchon, et une droite qui croule bientôt plus sous les candidats à la présidentielle que sous les députés de terrain.

 Toutes choses par ailleurs qui permettraient à Gabriel Attal de mener une campagne offensive contre le seul RN, et en ignorant superbement le bilan des 20 mois précédents, comme si il n'en était pas comptable.

Tout cela n'est qu'hypothèse, politique fiction et autre billevesée, qui imagine Attal jouer les hussards de la République au profit d'un président risque-tout?

Mais ce dernier, même si il se débat de plus en plus dans ses impuissances en ayant tout tenté, CNR, rendez-vous de Saint-Denis,... croit toujours qu'il peut refaire le coup du grand débat national, réitéré avec la conférence citoyenne sur le climat  (je vous écoute un peu, je parle beaucoup, et à la fin c'est moi qui décide) est bien le genre à faire tapis, et tenter le choc.

D'autant que quoiqu'il en sorte, même une défaite, rien ne l'oblige en ce dernier cas à prolonger la cohabitation au dela d'un an (délai avant nouvelle dissolution), et utiliser entretemps encore plus tous les rouages et arcanes de la Ve pour pourrir la vie du cohabitant.

Alors, est-ce que ça correspond au rendez-vous avec les français prédit par l'oracle élyséen?

Pour le savoir, rendez-vous au discours de Gabriel à l'Assemblée, et si pas d'annonciation, me couvrir la tête de cendres en contrition de mon imagination débordante.

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